2024, l'année du mildiou
Automne 2024 — 3 min de lecture

Une année difficile à la vigne, des acidités très hautes, et un choix assumé : la lutte raisonnée nous a permis d'intervenir quand il le fallait et de rentrer du raisin. Un vin de garde, à attendre plusieurs années.
Une pression sanitaire forte
2024 a été une année difficile à la vigne. La pression du mildiou a été forte, et la saison s'est terminée par des raisins rentrés dans un état contrasté : certaines parcelles avaient été à peine touchées, d'autres l'avaient été beaucoup plus.
Dans le même temps, les cahiers des charges stricts interdisent les produits curatifs forts. Les vignerons qui y sont tenus ne peuvent pas employer, quand la pression monte, ce qui serait efficace. Beaucoup ont perdu leur récolte.
Ce n'est pas une publicité pour la maladie, ni un argument commercial. C'est le contexte d'une année de travail : une année où la récolte se joue au jour le jour, et où la manière de traiter change directement la quantité de raisin rentrée.
La lutte raisonnée, assumée
Nous sommes en lutte raisonnée : ni bio, ni biodynamie, ni HVE. C'est un choix totalement assumé. Le raisonnement tient en une phrase : en lutte raisonnée, on garde la liberté d'employer un traitement efficace quand il n'y a pas d'autre choix.
En 2024, cette liberté a compté. Deux produits spécifiques, employés au moment où il le fallait, nous ont permis de rentrer du raisin. Nous n'en employons pas en routine, et nous ne les avons pas employés non plus pour traiter par confort entre deux passages.
Le cadre, chez nous, c'est aussi un calendrier. L'enchaînement des traitements phytosanitaires fait partie de l'entretien estival, avec le rognage et la gestion des mauvaises herbes rampantes. Chaque passage se prépare à l'avance et se décide au moment où il est nécessaire.
Le reste du travail n'a pas changé : l'entretien des sols reste entièrement mécanique, et nous n'épandrons jamais de produits chimiques pour rien. L'arbitrage se fait dans un cadre, pas dans une opposition entre deux méthodes.
Ce que l'année a produit
Les vins de 2024 se distinguent par des acidités très hautes. Ce n'est pas un mauvais millésime en soi : on ressent encore de très belles acidités aujourd'hui, et elles sont le premier signe de leur garde.
Mais c'est clairement un vin de garde. Il faut attendre plusieurs années avant de l'ouvrir. Nous ne le présentons pas comme un vin à boire tout de suite, et nous préférons le dire : c'est ce que la saison a produit, et un vin ne s'y commande pas.
Un vin de garde, ce n'est pas un vin qui vieillit bien : c'est un vin qui demande du temps. Les acidités de 2024 ne s'expriment pas dans l'année. Elles se lisent après plusieurs années, quand le vin s'est posé.
C'est le contrepoint direct d'une année où l'on a tout fait pour rentrer la récolte. Rentrer du raisin, en lutte raisonnée, dans une année à forte pression sanitaire, c'est déjà beaucoup.
Une méthode, pas une posture
Nous ne présentons pas la lutte raisonnée comme une alternative au bio ou à la biodynamie. C'est un cadre de travail, pas un argument, et nous n'avions rien à prouver à personne en 2024.
Rien de ce qui se passe après la récolte n'a changé pour cette année : l'élevage se conduit comme les autres années, dans les mêmes cuves, sur lies fines. Seule la conduite de la vigne a dû s'ajuster.
Ce que nous en retenons tient en une chose : la décision se prend au moment où elle est nécessaire, pas à l'avance. En 2024, elle s'est prise.
Repères factuels
- Pression sanitaire
- Mildiou — saison 2024
- Méthode
- Lutte raisonnée assumée, ni bio ni biodynamie ni HVE
- Résultat
- Raisin rentré, acidités très hautes
- Profil du vin
- Vin de garde — à attendre plusieurs années
- Entretien des sols
- 100 % mécanique, 0 % désherbage chimique